Huit Juillet 1998: demi finale de la coupe du monde.et jour de sortie de Que la lumière soit ! d'Arthur Joffé. 29 Juillet 2004, le film n'est déjà plus en salle à Paris. Fin de l'histoire ? Pas tout à fait, puisque depuis, les initiatives se multiplient pour montrer ce film, comme celles de Claude-Jean Philippe, qui l'a présenté à Paris, ou de Studio, qui l'a sélectionné au festival d'Albi. Des projections qui suscitent l'enthousiasme du public. C'est pourquoi Arthur Joffé se met à espérer une nouvelle vie pour son film, qu'avait produit Ciby 2000 sous l'impulsion décisive de Claudine Ossand. C'est très précisément la mise en sommeil de Ciby par sa maison mère, la société Bouygues, qui a brisé la trajectoire de Que la lumière soit ! Tous les films que Ciby devait distribuer se sont en effet retrouvés sur le carreau. « Je me suis alors aperçu, raconte Joffé, que le milieu des distributeurs ne voulait pas lever le petit doigt pour aider les films de Ciby, dont ils appréciaient peu les méthodes . »
Et lorsque Que la lumière soit ! trouve enfin un distributeur, il n'est pour lui qu'un simple élément d'un package négocié par Ciby pour obtenir le film qui les intéressait vraiment Chat noir, chat blanc de Kusturica. » En Avril, lorsque son distributeur AFMD lui indique le 8 Juillet comme date de sortie, Joffé s'y oppose fermement mais prêche dans le désert. « Pour mes producteurs et moi, mon film était un film de Noël. Un conte, une fantaisie sur Dieu et le cinéma s'adressant au plus grand nombre. Avec les vacances et le foot, cette date le coupait de son public potentiel, que l'on avait d'ailleurs testé en organisant des projections à la suite desquelles il y avait plus de 85% de gens satisfaits. » De plus, sortant de cette date-là, le film ne bénéficiait même pas de la Fête du cinéma, ni des prix réduits en Août sur Paris. Résultat : un sacrifice en douceur. « On m'a conseillé de ne rien dire et de paser à autre chose raconte Joffé. Alors, bien sûr, je travaille sur de nouveaux projets, mais je continue à me battre pour Que la lumière soit. Mon film n'a pas fait un bide, il n'a pas été vu. Simplement parce qu'il n'a jamais été en mesure de rencontrer son public. Voilà pourquoi j'ai envie de tout faire pour que cette rencontre se produise. » Joffé ne parle jamais en artiste maudit ou en victime reseignée, il a au contraire de l'énergie à revendre. « J'ai bien l'intention de continuer à rêver et à tourner mes films. Mon but n'est pas de dire « on a perdu » mais « on va gagner » ! Affaire à suivre.